07.09.2007

Marie Pierre Foessel, chanteuse

Marie Pierre Foessel est chanteuse professionnelle. Elle interprète les grands standards du jazz, Serge Gainsbourg, Michel Legrand, les classiques de la chanson française. Cette année, pour les 9e Rencontres, elle nous a proposé de travailler sur une création en forme de ciné-- concert à partir d'images du domaine public. Un thème : la belle et la bête. Vous n'en saurez pas plus pour le moment mais je vous propose de découvrir son parcours à travers quelques extraits d'un long entretien qu'elle a accordé à notre ami Luc Bonnifay et dont vous pourrez retrouver l'intégralité sur son (excellent) blog : l'illustre théâtre.
 
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Je suis plutôt chanteuse traditionnelle à la base, chanteuse folklorique…

J’ai chanté pas mal avec le Corou de Berre. Je me suis un peu attardée à faire travailler des ensembles de musiques traditionnelles. Et depuis un an et demi, j’étais à Monaco en formation classique de chant, pour acquérir des techniques. Et cette année je prends un virage, comme Isabelle, je m’oriente vers le jazz. C’est du jazz populaire, du jazz variété, c’est pas du jazz de puriste – mais ça peut l’être aussi.

Ce que j’ai envie de dire [...] oui, tout se mélange, car ce qui m’a aussi donné envie de travailler sur Michel Legrand, c’est parce que j’adore l’univers de la comédie musicale, et notamment l’univers qu’il a créé autour des films de Jacques Demy. Dans ce sens là, c’est clair que pour moi tout peut se mélanger, bien sûr ; la preuve en est justement les films de Jacques Demy, de très haut niveau de jeu, de très haut niveau musical (Les Demoiselles de Rochefort, Les Parapluies de Cherbourg)…

Pour moi, en fait, je ne fais pas de théâtre mais j’ai l’impression d’en être issue. Parce que je suis passée par l’ERAC en cours du soir, et je suis devenue chanteuse après ça. J’ai fait aussi pas mal de stages de formation théâtre, j’ai fait une année de stage " comédie musicale "… J’ai vraiment l’impression d’être une chanteuse qui vient du théâtre. Même si je n’ai pas une carrière de comédienne.

Je plaisante pas en fait, ce que tu appelles le feeling, moi j’appellerai ça l’orgasme. Le moment où tu lâches prise et que tu as la " bascule ", et là tu n’es plus en train de te dire « qu’est-ce que je suis en train de chanter, qu’est-ce qui se passe ? », tu le vis, tu pètes le mental, et tu es dans l’interprétation, le don, tu es dans ton corps…

Je ne suis pas sûre que tout le monde sera de mon avis, mais en tout cas je pense que les institutions qui ont les moyens d’avoir des permanents devraient le faire, notamment les télévisions etc., et ne pas systématiquement attendre que ce soit l’état qui prenne le relais entre deux contrats…

Non, ce sont les sous qui manquent. Pour les compagnies… les locaux aussi, sans doute, mais enfin c’est tous les moyens matériels, il n’y a pas assez de sous… Tu vois, c’est bien beau de dire « ah ben oui ici vous êtes le parent pauvre etc. » mais l’état ne fait rien ; je ne suis pas sûre que la DRAC subventionne suffisamment les gens…

Concrètement, aussi, c’est oser sortir des sentiers battus. C’est peut-être proposer des choses qui sont populaires aussi, mais qui sont pas forcément toujours les mêmes. Et dans ce sens là, pour moi Michel LEGRAND et Jacques DEMY, c’est des choses qui sont populaires, très populaires, mais pour l’instant, par ici, j’ai pas vu cette chose là se monter et se faire. Et c’est peut-être aussi en proposant justement la diversité, en mettant l’accent sur la diversité. Voilà.


Entretien complet : Partie 1 / Partie 2 / Partie 3

 

Merci à Luc

 

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